04 août 2008
Vieilles lunes
Le soleil de vendredi a démontré combien il est illusoire de penser l’avenir. Les « capdèths de Mai » (1) et sa cohorte d’averses nous ont ramenés aux temps naguère où le climat n’était pas encore névrosé. Hier, nous avons imaginé que le printemps était de retour. « En vaganaut ! » (2). Regardant notre torrent gronder de toutes ses fureurs montagnardes, enfant, j’ai revu, « los terribles aigats deu gave » (3)
Je ne sais rien. Jan de « Monmans (4) » a glissé à mon oreille complice : « C’est une année à treize lunes ! » Le bon sens populaire a parlé. Non seulement l’influence de l’astre nocturne, quoiqu’en disent les scientifiques, est réelle — « Laissez « El torito de García Lorca » (5) aimer sa lune ! » —, mais il se voit ici multiplié par le chiffre du Destin…
J’ai lu dans L’Express que la sexualité féminine avait, en vingt ans, profondément changé. Je vous épargne les pratiques des unes et des autres. Je ne veux pas subir les foudres des éternels hypocrites, eu égard leur conduite irréprochable, ils les trouveront insupportables… Enfin, il y a bien ici ou là quelques coups de canif porté à notre contentement. Le T.G.I. de Lille vient d’annuler le mariage de Noredine et d’Aïcha. Le Figaro précise non sans sous-entendus : « (…) L'épouse a menti sur sa chasteté (…). Le tribunal a accordé la nullité au mari « dupé » ». Le jugement rapporte dans sa langue sans pareille : « L'épouse acquiesçant à la demande de nullité fondée sur un mensonge relatif à sa virginité, il s'en déduit que cette qualité avait bien été perçue par elle comme une qualité essentielle et déterminante du consentement de son époux au mariage. »
Notre République laïque peut-elle se laisser dicter sa loi par une communauté religieuse ?
J’avoue que mon ciel s’est subitement assombri. J’ai pensé à Aïcha et à son humiliation. Et que l’on ne vienne pas me dire que son mensonge nous est insupportable. Que celui qui n’a jamais menti, jette la première pierre, puisque lapidation symbolique il y a ! En outre, une majorité des femmes font une réfection d’hymen en France car elles craignent que l’absence de sang lors de la nuit de noces ne trahisse leur passé sexuel…
Je me demande si les juges lillois n’étaient pas sous influence : les rayons envoûtants de quelques vieilles lunes que notre justice, notre démocratie ne sauraient apercevoir…
1 - Les saints de glace
2 - En vain !
3 - Les terribles crues du gave
4 - Momas
5 - El Romancero gitano
15:29 Publié dans D'ici étant/La République des Pyrénées | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Jo que pensi lo jutge qu'auré devut prononciar un divòrci au profièit d'Aicha per incompatibilitat d'umor e coneria maritau . De tota faiçon, qu'a rendut un servici a Aicha, maugrat tot. Finaument, l'istuèra que's poiré titolar: la bèra Aicha e los dus cons.
Qu'èi ajustat lo ton blòg a la mea lista (categoria gascosfèra). Bon, qu'esperam mei textonets en la lenga, eh?!!.
Aneeeeeeeeeeeeeeem! Te'n pregui! N'avem besonh!!!!Qu'ei ua tasca d'utilitat publica!!!! Volem d'oxigen occitan tà airejar noste cervèth!!! Emmerdam los qui'n vòlen pas, hèm víver la lenga pertot!
Ecrit par : Joan.Peiroton | 09 novembre 2008
Mic
de segur, qu'as rason, mes las causas qui'ns vedem simplas e bèths còps que son beròi complicadas. Que botèi aquera croniqueta atau per'mor que'm semblava de bonn léger, mes arren mei : qu'èra tirada de la longa seguida de cronicas qui publican cada dissabte La république des Pyrénées. Per contra, que vau essajar de botà'i mei de tèxtes teorics e critics. Que i botarèi quan me vaga, per'mor lo temps qu'ei un luxe, poesias en pròsa.
vam mercés un còp mei e las prumèras,
Hè beròi
S.J.
Ecrit par : Javaloyès Sèrgi | 10 novembre 2008
Ecrire un commentaire