04 août 2008
Tranquilles
On les dit calmes comme une aube japonaise. Conservateurs et non pas réactionnaires. Sérieux et raisonnables. Somnolents, parfois. « Rai ! » (1) , n’ont-ils pas une vie mouvementée et difficile ? On les dit dignes représentants d’une France agreste qui jamais ne s’accommode de la réalité urbaine qui est pourtant la loi du genre ! On se trompe. Le 18 juin dernier, les socialistes Charasse, Mélenchon, le radical Fortassin (2) reniant, tel saint Pierre, sa langue maternelle, enseignée naguère aux petits bigourdans — « Praubins » (3) , ils doivent avoir la peur bleue de leur vie ! —, Renar du P.C, Gouteyron l’U.M.P. et 209 autres sénateurs, ont censuré le Parlement ayant, le 22 mai dernier, reconnue dans l’Art.I. de la Constitution, ces mêmes langues… Je m’étonne, eu égard votre réputation de « sages », que vous puissiez exclure ces langues d’une Nation à laquelle les citoyens adhèrent librement. Comment avez-vous pu encore évoquer « le complot ethniciste » (Mélenchon) ; « la potée auvergnate » (Charasse) ; « l’enfermement communautariste » (Renar). Décidément, que de noirs complots pour de vieux fantasmes ! Pourquoi pas l’internationale fasciste ou les réseaux islamistes ? Comment pouvez-vous vous satisfaire de la mort de langues de civilisation ? Avez-vous, une seule fois, entendu scander l’œuvre magistrale de Jaufre Rudel ? ; lu Max Rouquette, Bernard Manciet ou Sergi Pàmies ? Je crains fort que non. Je suis consterné par votre ignorance, votre inculture. Parfois, j’ai l’impression que votre planète s’arrête au seuil de votre ignorante république ! Votre obsession “névrotique” d’une langue unique pour une nation unique — qui fut, je vous le rappelle, monarchique, révolutionnaire, bonapartiste puis républicaine, mais aussi celle de millions de colonisés —, devrait vous alerter sur votre incapacité à accepter la diversité linguistique de notre République, quand, je subodore, vous prêchez, pour la bonne cause, le respect de la diversité biologique… Il m’arrive d’être, à mes heures, écrivain. Je ne sais pas que mes livres sont des brûlots antirépublicains, irrédentistes ou fascistes. Je suis profondément attaché aux valeurs républicaines. Autant que vous. Aurez-vous encore l’outrecuidance de nous donner des leçons de démocratie ? Il est encore temps. Relisez donc Césaire, Glissant, Susanna, et peut-être aurez-vous quelques scrupules à bafouiller ces inacceptables “inepties » de sénateurs tranquilles qui ont manqué le train du XXI° siècle.
1 - Qu’importe !
2 - Ancien président du Conseil général 65.
3 - Les pauvres
15:22 Publié dans D'ici étant/La République des Pyrénées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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